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CONTEXTE NATIONAL
Le nombre de décès par suicide a connu, en France, une augmentation importante au cours des vingt dernières années pour se stabiliser actuellement aux alentours de 10 000 par an. Depuis le début des années 80, il y a plus de décès par suicide que par accident de la circulation. L'incidence annuelle des tentatives de suicide a pu, quant à elle, être estimée il y a quelques années par l'INSERM à partir de diverses enquêtes épidémiologiques, surtout hospitalières. Elle serait de 2 à 2,5 pour 1000 habitants de 15 ans et plus, soit entre 90 000 et 115 000 tentatives de suicide chaque année en France. Mais il s'agit là d'une estimation minimale, dans la mesure où les tentatives de suicide ne sont pas systématiquement recensées et où un certain nombre d'entre elles ne sont pas hospitalisées. Enfin, contrairement aux données de mortalité, on ne dispose pas de données régionales sur les tentatives de suicide. Les caractéristiques des personnes qui décèdent de suicide diffèrent de celles qui effectuent une tentative schématiquement, les premières sont plus souvent âgées et de sexe masculin et les secondes jeunes et de sexe féminin. Le suicide constitue donc un réel problème de santé publique, tant par les pertes en vies humaines qu'il provoque que par les problèmes psychologiques et sociaux dont il témoigne. Les actions de prévention dans ce domaine sont difficiles à mettre en uvre et restent encore peu développées. La prise en charge hospitalière tend toutefois à s'organiser ou à faire l'objet d'une réflexion spécifique, notamment dans les services d'urgence qui accueillent un grand nombre de suicidants, dont près de la moitié pour une récidive. On ne dispose pas de données sur les tentatives de suicide au niveau de chaque région. Cette fiche ne fera donc état que de la mortalité. Ces statistiques de mortalité ne sont toutefois pas exemptes de biais et conduisent probablement à une sous-estimation du nombre de décès par suicide (par exemple d'un défaut de déclaration par les instituts médico-légaux ou de l'existence de "suicides cachés" inscrits dans d'autres rubriques de décès comme les accidents ou les intoxications). SITUATION DANS LE HAUT-RHIN: FAITS MARQUANTS
Une mortalité par suicide proche de la moyenne nationale dans le Haut-Rhin Entre 1988 et 1992, selon les données de l'INSERM, 100 hommes et 40 femmes se sont donné la mort en moyenne chaque année dans le Haut-Rhin. En éliminant les effets de la structure par âge de la population on obtient un indice comparatif de mortalité haut-rhinois qui n'est pas significativement différent de l'indice français, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. L'indice comparatif particulièrement faible dans le Bas-Rhin ne traduit pas une réalité épidémiologique mais s'explique par une sous-déclaration. En effet, les certificats de décès ne sont pas remplis pour les suicides qui font l'objet d'une expertise médico-légale. Ils sont par conséquent répertoriés en "cause inconnue". |
